Après la fête
Art Basel & les grandes foires · Regard critique

D'une saison à l'autre, les grandes foires internationales illuminent l'art sous leurs verrières. On s'y presse, on s'y photographie, et même une banane scotchée au mur devient mémorable. C'est une fête, elle a son charme. De beaux tableaux s'y trouvent aussi, bien sûr, mais entre deux attractions, le regard a rarement le temps de s'y poser.
La peinture de Fabricia Lepoutre, elle, demande du temps. En 1947, les Cahiers d'Art, la revue phare de l'avant-garde, titraient : « Pierre Bonnard est-il un grand peintre ? » Matisse avait répondu oui, dans la marge. Il ne s'agit pas ici de comparer son travail à celui de ces maîtres. Cette anecdote rappelle simplement que la lumière finit toujours par triompher de la mode.
Devant la lumière des tableaux de Fabricia, on s'arrête. On cherche d'abord à comprendre comment elle a osé : ces formes qui se frôlent et se confrontent, ces couleurs posées sans trembler, ces espaces qui basculent avec audace. Puis on cesse de chercher. On a quitté le réel pour entrer en poésie, là où une chaise semble attendre et où, dans notre dos, les objets continuent de dialoguer.
Elle peint librement, sans demander la permission. Ses tableaux ne s'imposent pas : ils s'installent, et finissent par habiter ceux qui vivent avec eux.
L'un d'eux vous attend peut-être déjà.
— J.-F. Wuillai
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Prolonger ce regard dans la peinture de Fabricia.
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